Relance du logement : un plan ambitieux pour répondre à la crise immobilière
Le 23 janvier dernier, à l’occasion d’un déplacement à Rosny-sous-Bois, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé un nouveau plan gouvernemental baptisé « Relance Logement ». Face à une crise durable du logement et à un ralentissement historique de la construction neuve, l’exécutif affiche une ambition forte : permettre la construction de 2 millions de logements d’ici à 2030, soit environ 400 000 logements par an.
Depuis 2022, la production de logements neufs a reculé de près de 25 %, tandis que les tensions sur le marché s’accentuent. Près de 2,9 millions de ménages sont aujourd’hui en attente d’un logement social et, entre 1996 et 2022, les prix des appartements ont été multipliés par plus de trois. Pour le Gouvernement, le logement constitue désormais une urgence nationale qui ne peut être différée.
Ce plan de relance a été formalisé par la signature d’un pacte entre l’État et les principaux acteurs du secteur : la Fédération des Promoteurs Immobiliers, la Fédération Française du Bâtiment, la Fédération Nationale de l’Immobilier et l’Union Sociale pour l’Habitat. L’objectif commun est de relancer à la fois la construction et la rénovation, tout en sécurisant l’investissement.
Parmi les mesures phares figure la création d’un nouveau dispositif fiscal destiné à encourager l’investissement locatif privé. Alors que la fin du dispositif Pinel a fortement freiné les achats à destination de la location, le Gouvernement souhaite mobiliser une partie de l’épargne des Français afin de reconstituer l’offre locative. Ce nouveau statut du bailleur privé, prévu pour une durée de trois ans, devrait permettre la production d’environ 50 000 logements locatifs supplémentaires par an. Une première évaluation est annoncée pour l’automne 2026 afin d’ajuster le dispositif si nécessaire.
En parallèle, le logement social bénéficie d’un renforcement significatif de ses moyens. Le projet de loi de finances 2026 prévoit ainsi une enveloppe supplémentaire de 500 millions d’euros, destinée à près de 700 bailleurs sociaux. Ces fonds doivent soutenir la construction de nouveaux logements mais aussi la rénovation du parc existant, notamment sur le plan énergétique.
Au-delà des aspects financiers, le plan « Relance Logement » entend lever les freins structurels à la production. Il prévoit la poursuite de la simplification du droit de l’urbanisme et de la construction, une meilleure sécurisation des bailleurs face aux impayés, l’accélération de la transformation de bureaux en logements et la facilitation des travaux de rénovation énergétique, en particulier en copropriété.
L’État souhaite également renforcer son rôle d’aménageur à travers la création de « zones à bâtir d’urgence ». Dans ces secteurs soumis à une forte tension immobilière, des dérogations réglementaires pourront être accordées à la demande des maires afin d’accélérer les opérations de construction.
Enfin, le Gouvernement annonce la présentation au Parlement d’un projet de loi de décentralisation et de réforme de l’État. Celui-ci comportera un volet dédié au logement, avec pour ambition de redonner aux élus locaux davantage de marges de manœuvre pour agir efficacement sur les besoins de leurs territoires.