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L’eau : un nouveau critère de valeur pour les biens immobiliers

29/08/2026


L’eau : un nouveau critère de valeur pour les biens immobiliers

Pendant longtemps, lorsqu’il était question de valoriser un bien immobilier, les principaux critères étaient la localisation, la surface, l’état général du logement, ses prestations ou encore sa performance énergétique. Aujourd’hui, un nouveau sujet prend progressivement de l’importance : la gestion de l’eau.

En tant que conseillère en immobilier à La Rochelle et dans les communes environnantes, je constate que les attentes des acquéreurs évoluent. Les épisodes de sécheresse, les restrictions d’eau, l’augmentation du prix de l’eau et les nouvelles réglementations vont progressivement faire de la consommation d’eau et de la capacité d’un logement à préserver cette ressource de véritables critères de choix.

Une ressource qui devient stratégique

La France dispose d’une ressource en eau renouvelable qui a diminué d’environ 14 % en moins de trente ans. Plus d’une centaine de bassins versants sont aujourd’hui considérés comme étant en tension structurelle. Les projections annoncent également une diminution de la disponibilité de la ressource pouvant atteindre 10 à 40 % selon les territoires à l’horizon 2050.

Cette évolution a déjà des conséquences très concrètes pour les particuliers. Le prix moyen de l’eau a progressé de près de 20 % entre 2016 et 2024 et les coûts pourraient continuer à augmenter dans les prochaines années, notamment en raison du renouvellement des réseaux et des travaux nécessaires pour améliorer les infrastructures d’assainissement.

Pour un propriétaire comme pour un acquéreur, la question n’est donc plus seulement de savoir combien coûte un logement à l’achat. Il devient également pertinent de s’interroger sur son coût d’utilisation et sa capacité à s’adapter aux évolutions environnementales et réglementaires.

C’est précisément dans ce contexte que mon rôle de conseillère en immobilier prend tout son sens.

L’eau, un élément à intégrer dans l’estimation d’un bien

Lorsque j’accompagne un propriétaire dans son projet de vente à La Rochelle ou dans les communes alentours, mon rôle ne consiste pas uniquement à déterminer un prix au mètre carré.

Une estimation pertinente doit tenir compte de l’ensemble des caractéristiques du bien, de ses atouts mais également des éventuels points de vigilance susceptibles d’influencer la décision d’un acquéreur.

La gestion de l’eau peut désormais faire partie de cette réflexion.

Une maison équipée d’un système de récupération des eaux de pluie, d’un arrosage économe, d’une piscine correctement protégée contre l’évaporation ou encore d’un jardin conçu avec des végétaux peu gourmands en eau peut présenter des arguments supplémentaires auprès d’un acquéreur.

À l’inverse, un bien particulièrement exposé aux problématiques de sécheresse, présentant des fissures liées au retrait-gonflement des argiles ou disposant d’équipements nécessitant une consommation importante d’eau mérite une analyse attentive.

L’objectif n’est évidemment pas de dramatiser la situation, mais d’apporter une information transparente et objective à chacune des parties.

Le retrait-gonflement des argiles : un point de vigilance majeur

La sécheresse est directement liée au phénomène de retrait-gonflement des argiles.

Lorsque les sols argileux s’assèchent, ils se rétractent. Lorsqu’ils retrouvent de l’humidité, ils gonflent à nouveau. Ces mouvements peuvent provoquer des fissures sur les constructions, notamment sur les maisons individuelles dont les fondations sont relativement superficielles.

Depuis le 1er juillet 2026, un nouveau zonage réglementaire issu de l’arrêté du 9 janvier 2026 s’applique aux promesses et aux actes de vente concernés. Certaines communes ou certains secteurs peuvent désormais être classés en exposition moyenne ou forte alors qu’ils ne l’étaient pas auparavant.

Dans mon activité de conseillère en immobilier, c’est donc un élément que je considère avec attention lors d’une vente.

Le classement du bien doit être vérifié et l’État des risques doit être à jour. L’acquéreur doit disposer de cette information dès la première visite et non uniquement au moment de la signature de l’avant-contrat.

Pour un terrain constructible non bâti situé dans une zone d’exposition moyenne ou forte, une étude géotechnique préalable peut également être obligatoire.

Fissures et sinistres : la transparence est essentielle

Lorsqu’une maison présente des fissures ou lorsque des travaux ont été réalisés à la suite d’un épisode de sécheresse, il est important de ne pas minimiser le sujet.

Je recommande de recueillir auprès du vendeur toutes les informations concernant les éventuels sinistres déclarés au titre des catastrophes naturelles, les indemnisations perçues et les travaux effectués.

Les factures, rapports d’expertise et justificatifs de travaux permettent de documenter la situation.

Un sinistre correctement pris en charge et réparé peut être expliqué et documenté auprès d’un acquéreur. À l’inverse, une information découverte tardivement peut créer de la méfiance et fragiliser une transaction.

Mon rôle de conseillère est justement de permettre à la vente de se dérouler avec le maximum de transparence et de sécurité.

Puits et forages : un atout uniquement s’ils sont en règle

Un puits ou un forage peut constituer un véritable avantage pour une maison disposant d’un terrain.

Mais cet équipement ne doit pas être présenté comme un simple argument commercial sans vérifier sa situation.

Les prélèvements domestiques d’eau souterraine doivent être déclarés en mairie et l’installation doit être conforme. Lorsque l’eau est utilisée à l’intérieur du logement, la séparation avec le réseau d’eau potable doit également être prise en compte.

Il faut également garder à l’esprit que les arrêtés sécheresse peuvent temporairement limiter les prélèvements, y compris pour les particuliers.

Un forage régulièrement déclaré, entretenu et documenté peut donc représenter un véritable atout. Un forage non déclaré peut au contraire devenir un point de vigilance dans une transaction.

Piscine et jardin : des équipements à valoriser autrement

Dans notre région, une piscine et un beau jardin peuvent naturellement constituer des éléments importants dans l’attractivité d'une maison.

Mais les restrictions d’eau peuvent modifier leur utilisation.

Lors d’une commercialisation, il est donc préférable de présenter précisément les équipements sans promettre un usage qui pourrait être temporairement interdit par la réglementation.

Une piscine équipée d’une couverture ou d’un volet roulant limite l’évaporation. Un système d’arrosage au goutte-à-goutte permet de réduire les volumes consommés. Le paillage limite l’évaporation au pied des plantations.

Quant au jardin, les végétaux adaptés au climat et moins gourmands en eau deviennent eux aussi de véritables éléments de valorisation.

Un jardin résilient peut aujourd’hui être aussi intéressant pour un acquéreur qu’un jardin très consommateur en eau pouvait l’être hier.

À l’intérieur, chaque équipement peut faire la différence

La majorité de l’eau consommée dans un logement est utilisée pour l’hygiène et le nettoyage.

Les équipements sanitaires deviennent donc particulièrement intéressants à observer.

Une ancienne chasse d’eau peut consommer entre 9 et 12 litres à chaque utilisation, tandis qu’un mécanisme à double commande peut réduire cette consommation à 3 ou 6 litres.

De simples mousseurs installés sur les robinets peuvent également diminuer fortement le débit sans nécessairement réduire le confort.

Les douchettes économes, les mitigeurs thermostatiques, les lave-linge et lave-vaisselle récents participent eux aussi à la réduction de la consommation.

Lors d’une visite, l’âge et la qualité des équipements peuvent donc apporter des informations complémentaires à l’acquéreur.

La chasse aux fuites : un détail qui peut coûter cher

Une fuite d’eau peut sembler anodine et pourtant représenter une consommation considérable.

Un robinet qui goutte peut entraîner une perte importante sur une année. Une chasse d’eau qui fuit peut quant à elle représenter jusqu’à plusieurs centaines de mètres cubes d’eau consommés inutilement.

Les compteurs communicants et certains dispositifs de détection permettent aujourd’hui de repérer plus rapidement une consommation anormale.

La présentation de factures d’eau régulières sur plusieurs années peut également constituer un élément rassurant pour un acquéreur.

C’est un exemple concret du rôle de conseil que je souhaite apporter : ne pas simplement vendre un bien, mais permettre à l’acquéreur de mieux comprendre ce qu’il achète.

Récupérer l’eau de pluie : un équipement qui prend de la valeur

La récupération de l’eau de pluie est également appelée à prendre une place croissante dans les logements.

Le principe est simple : l’eau récupérée sur la toiture peut être utilisée pour certains usages autorisés, notamment au jardin ou pour le lavage des sols, selon les installations et la réglementation applicable.

Une toiture de 100 m² soumise à une pluviométrie annuelle de 700 à 800 mm pourrait théoriquement permettre de récupérer plusieurs dizaines de mètres cubes d’eau.

Pour un propriétaire disposant d’un jardin, une cuve de récupération peut donc représenter un équipement intéressant, à la fois pour réduire la consommation d’eau potable et pour maintenir certains usages lors des périodes de restriction.

Vers une nouvelle manière de valoriser les biens

Pendant des années, la performance énergétique a progressivement pris une place centrale dans les décisions immobilières. Le DPE est aujourd’hui devenu un élément incontournable de la commercialisation et de la valorisation d’un logement.

La question de l’eau pourrait suivre une évolution comparable.

Dans les années à venir, les acquéreurs pourraient être de plus en plus attentifs à la consommation d’eau d’une maison, à son exposition aux risques liés à la sécheresse, à ses équipements et à la possibilité de maintenir certains usages en période de restriction.

Cette évolution doit être anticipée par les professionnels de l’immobilier.

Mon rôle de conseillère en immobilier à La Rochelle

Dans mon métier de conseillère en immobilier à La Rochelle et ses environs, je considère que mon rôle ne se limite pas à mettre un bien en vente et à organiser des visites.

Mon accompagnement commence dès l’estimation.

Je prends en compte la localisation, les caractéristiques du logement, son environnement, ses prestations, son état, mais également les différents éléments réglementaires et techniques susceptibles d’avoir une incidence sur sa commercialisation.

L’évolution de la ressource en eau fait désormais partie de ces nouveaux sujets auxquels il faut être attentif.

Pour le vendeur, cela signifie identifier et valoriser les équipements qui constituent de véritables atouts, tout en anticipant les éventuels points de vigilance.

Pour l’acquéreur, cela signifie disposer d’informations suffisamment précises pour acheter en connaissance de cause.

Mon objectif est de créer une relation fondée sur la transparence, le conseil et l’anticipation.

Parce qu’une bonne transaction immobilière ne consiste pas uniquement à trouver un prix : elle consiste aussi à comprendre le bien, son environnement, ses atouts, ses contraintes et son potentiel.

L’immobilier évolue. Mon métier aussi.

Après avoir profondément transformé le marché immobilier, la performance énergétique n’est plus le seul sujet environnemental auquel les professionnels doivent être attentifs.

L’eau pourrait bien devenir le prochain grand critère de valorisation des biens immobiliers.

À La Rochelle et dans les communes environnantes, comme partout en France, anticiper ces évolutions permet déjà de mieux accompagner les vendeurs et les acquéreurs.

La Rochelle
La Rochelle est une ville portuaire située sur la côte Atlantique, dans le sud-ouest de la France. Elle est connue pour son Vieux-Port avec ses tours médiévales, ses rues pavées, ses arcades et ses bâtiments historiques. La ville offre plages, parcs,...
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Cédrine AL ATTIYA
Cédrine AL ATTIYA
Conseillère Capifrance